LES AMIS DU VIEUX CALAIS

 

 

« LES RETROS DU MOIS »

 

 

 

Jean-Pierre Pruvot, correspondant de la Voix du Nord, est l’auteur des rubriques « Rétro » et « Au fil du temps ».  

1 500 « rétros » sont parues à ce jour depuis 2001. Celles-ci font partie de ces parutions. 

Elles ont été ici reclassées dans la mesure du possible dans une chronologie historique. Pour plus de précisions, questions, suggestions, documents, merci de lui écrire JPPRUVOT@wanadoo.fr 

Il est aussi l’auteur d’une histoire de la plage de Calais en trois volumes édités par l’association les « Chalets de Calais » et d'un volume Calais « Au fil du Temps ».

 

N. B. :  Les volumes 1, 2, 3 de l’histoire de la plage de Calais, édités par l’association les « Chalets de Calais », sont disponibles à la consultation et à la vente chez M. Leroy, coiffeur, rue de la Paix près de la Maison du Fromage, au siège de l’association (sur rendez-vous) 7 rue de Thermes 62100 Calais tel 03.21.34.91.23, à la Maison de la Presse Place d’Armes, ou par poste (plus 6 euros de frais de port pour un ou deux  volumes).

 

Le tome "Au fil du temps" et le tome "Magasins d'Autrefois" (15 € le volume, facture à la demande), est disponible à la consultation et à la vente chez M. Leroy, coiffeur, rue de la Paix , et chez l'auteur 7 rue de Thermes 62100 Calais tel 03.21.34.91.23, ou par poste (plus 4 euros de frais de port pour un volume, 5,20 pour deux volumes).

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

LES CHALETS

( non commerciaux ) DE LA DIGUE

 

 

Les chalets « fixes » appartenant à des particuliers sont apparus entre 1893 et 1896, accolés au nouveau casino. Ils perdureront jusqu’à la guerre. Détruits il seront remplacés au début des années cinquante par de nouveaux chalets montés sur pilotis comme ceux d’avant-guerre. L’urbanisation de la plage scelleront leur disparition durant les années soixante-dix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

 

 

 

Le talus devint digue

 

En 1906 Paul Villy photographiait la face ouest du casino et ce talus sur lequel s'étaient implantés dix ans plutôt les premiers chalets de plage. Ce talus appelé courtine de fortification avait été érigé après la guerre de 1870 pour relier le bastion XI et le bastion XII  et renforcer ainsi les défenses de Calais. Au départ digue de promenade, ce talus devait bientôt être totalement ensablé. Les chalets de la digue se retrouvèrent donc directement sur la plage. Un chemin en caillebotis sera alors installé entre la rangée de chalets de la digue et la deuxième rangée de chalets pour permettre aux piétons de relier les Baraques (Blériot-Plage). Un autre chemin en caillebotis sera ensuite installé entre la première rangée de chalets et la mer. En 1939, trois rangées de chalets, quasiment complètes, s'étendaient jusqu'à Blériot. Après 1940, les Allemands installèrent des poutres en béton pour approvisionner en munition un énorme blockhaus construit en milieu de digue. La digue imaginée par Gaston-Berthe remplacera le chemin de béton et sera prolongée jusqu'à Blériot en 1952 après que des artificiers aient fait sauter le blockhaus.

 

Photo 1. Cet embryon de digue photographié en 1906 servira de support à la digue Gaston-Berthe construite en 1952.

parution JPP VdN 2004 photo Villy

 

Photo 2. Les chalets de la digue d'après-guerre ont été démontés à la fin des années soixante-dix pour laisser place à une digue élargie.

parution JPP VdN 2004 photo JPP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    

 

 

 

 

Trois rangées de chalets

 

Si les photos du casino, fleuron touristique de la plage d'avant-guerre, comme celles des chalets sur roues, celles des chalets implantés sur le sable sont plus rares. Et comme la mémoire des Calaisiens qui possédaient des chalets à cette époque n'est plus très fidèle, tout au moins en ce qui concerne leur nombre et leur disposition sur le sable, seuls quelques rares clichés peuvent encore nous renseigner. A gauche, cette carte postale du début des années trente prise des Baraques ( Blériot-plage), montre trois rangées de chalets, une en prolongement du casino, une centrale mais discontinue, une troisième face à la mer. Au total il existait plus de six cents chalets, la plupart avec un toit pointu, chalets qui disparaîtront tous durant la période 1940-1944. Rapidement à la fin des années quarante, une première rangée se reconstituera face à la mer, puis une autre rangée après 1952 sur la digue. La rangée intermédiaire sera complète à la fin des années cinquante, soit au total près de 700 chalets, total ramené à 540 actuellement avec la disparition des chalets de la digue.

 

Photo 1. L'imposant casino domine la plage avec ses trois rangées de chalets, chalets plus grands et montés sur pilotis.

parution JPP VdN 2004 CPA

 

Photo 2. L'alignement des chalets actuels est plus rigoureux. La troisième rangée, constituée d'anciens chalets de la digue, est plus courte.

parution JPP VdN 2004 photo JPP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une passerelle de bois pour rejoindre la plage

 

Se rendre sur la plage ou aller jouer au casino n'était pas aisé à la fin du XIXe. Après avoir contourné le Bassin Ouest, il fallait d’abord emprunter un long pont de bois de bois qui enjambait le bassin des Chasses. Les calèches empruntaient elles aussi ce pont de bois. Il fallait ensuite franchir le fossé des fortifications sur cette fragile passerelle de bois. Par grand vent, la traversée n'était pas aisée et il fallait tenir le chapeau à deux mains. Avant la guerre de 1914-1918, un pont en dur et une grande avenue rendront le front de mer accessible avec en prime une ligne régulière de tramways. Bonne occasion de voir les chalets de la digue qui se trouvaient de part et d’autre du casino.

 

parution JPP VdN 2006 CPA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Déjà trois rangées de chalets

 

Cette photo de la plage, une carte postale gaufrée, a été prise juste avant la Première guerre mondiale hors saison estivale. La digue, vue ici d'ouest en est, n'était qu'une ébauche de digue. Cette digue empierrée, qui sera la future digue Gaston-Berthe, protégeait de la mer la nouvelle enceinte fortifiée entourant la ville et construite par les militaires après la guerre de 1870. Le casino, dont le bail avait été concédé à Achille Bresson, y était installé depuis 1893. Rapidement des chalets fleuriront sur cette digue ainsi que deux autres rangées sur le sable, des chalets de formes variés, montés sur pilotis et peints de couleurs vives

 

parution JPP VdN 2006 CPA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le casino entouré de chalets

en 1911

 

Cette carte postale, sortie de la collection de Jean-Pierre Croigny, n'est pas courante. Le casino était impressionnant, monté sur cette digue empierrée, construite par les militaires en 1882 afin de créer un fossé inondable en cas d'invasion entre cette digue et la fortine des fortifications joignant les bastions XI et XII. A l'image d'Ostende, M. Bresson le directeur du casino avait encouragé dès la fin du XIXe siècle, l'installation de chalets d'abord commerciaux puis pour les particuliers. On voit ici à droite les chalets de la troisième rangée de la digue, et à gauche ceux de la deuxième rangée. Il existait une première rangée face à la mer.

 

parution JPP VdN 2006 CPA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des caillebotis sur le sable

 

Voici la rangée de chalets de la digue, ces chalets qui furent les premiers à être installés après la construction du casino à la fin du XIXe siècle. La digue de pierres sur laquelle reposait le casino se poursuivait ensuite par de la terre battue. Sur cette photo datant des années trente, le sable était tellement abondant qu'il n'y avait plus de différence de niveau entre la plage et cette digue. Au premier plan, des plagistes jouaient aux cartes derrière la deuxième rangée de chalets. Des caillebotis, que les Calaisiens appelaient les planches, facilitaient les déplacements sur le sable. Il en existait aussi entre la mer et la première rangée de chalets.

 

parution JPP VdN 2006 CPA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Faire des pâtés sur la digue

en 1932

 

Ces chalets sur pilotis étaient ceux installés sur la digue en terre battue qui séparait la plage du fossé de la Courtine. Au fond on devine le casino. Depuis leur installation à la fin du XIXe siècle, les chalets n’avaient jamais été démontés avant que les Allemands ne les rasent en 1940. Au fil du temps, la digue avait été envahie par le sable permettant aux enfants de faire des pâtés. Durant la guerre, le sable disparaîtra de la plage, ne laissant apparaître qu’une pellicule de poussières et des cailloux. Depuis le sable est heureusement en partie revenu.

 

parution JPP VdN 2006 photo x

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le retour de chalets

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les chalets de la digue en 1959

 

Voici le premier tournoi, organisé par les Kid le 15 août 1959. Le volley-ball se jouait alors uniquement en équipe de 6 joueurs et attirait déjà de nombreux spectateurs. Bonne occasion pour se souvenir de ces chalets alignés sur la digue, avec en arrière plan les dunes dont on peut ainsi apprécier la hauteur. Les chalets de la digue disparaîtront au fur et à mesure de la construction des immeubles. Certains formeront sur la plage l’actuelle 3ème rangée. Ci-dessous, en milieu de digue, la descente en béton existait encore.

 

parution JPP  2008 extrait du tome 3 Il était une fois ... les chalets de Calais photo coll Bernatd Frémeaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La digue Gaston-Berthe

ancienne formule

 

Sur cette carte postale, les chalets de la digue sont encore présents. L'un d'entre-eux a servi de perchoir pour le photographe car ces chalets étaient montés sur pilotis ce qui permettait de voir au dessus des chalets de la plage qui commençaient à être peints en blanc. Il n'y avait alors qu'une rangée de parking en épi et les jeux actuels n'étaient alors que des dunes sauvages très hautes d'ailleurs. Les enfants passaient leur temps à les gravir puis à rouler jusqu'en bas. Au fond la brasserie de la digue avait encore fière allure.

 

parution JPP VdN 2001 CPA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les chalets de la digue

résistaient à (presque) tout

 

Après la guerre, les chalets nouvelle version reprenaient possession de la plage et de la digue. Ces frêles constructions de bois résistaient aux pires intempéries, pluie, tempête de sable ou de neige comme ici en 1967. Seule la guerre, ou l'urbanisation pouvaient avoir raison d'eux. Une première alerte en 1960 tournait court, un projet anglais qui prévoyait de supprimer 50% des chalets. Ce ne sera que partie remise. En 1967 le projet de station balnéaire, telle que nous la connaissons, prenait corps. "Il n'est absolument pas question de déplacer aucun des chalets" assuraient alors les dirigeants de la cité...

 

parution JPP VdN 2002 photo JPP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des chalets de part et d'autre de la digue

 

Avant l'urbanisation du front de mer, la plage avait surtout une vocation familiale. Les Calaisiens passaient volontiers leurs vacances sur place. Ce n'était pas encore l'époque des grandes migrations vers le sud. Le commerce des tentes de location battait son plein. Une rangée de deux cents chalets, montés sur pilotis, agrémentait alors la digue. Au total, plus de sept cents chalets garnissaient la plage. Au fur et à mesure de l'avancement de la construction des immeubles, les chalets de la digue seront sacrifiés. Cette partie de plage a disparu ainsi que les dunes.

 

parution JPP VdN 2002 photo JPP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les chalets de la digue encore présents, les trottoirs deviennent des parkings

 

Cette photo de la digue Gaston-Berthe prise au milieu des années soixante est révélatrice des mentalités de l'époque. Pas assez de place dans les parkings, qu'à cela ne tienne ! Traçons des emplacements sur les trottoirs. La place des piétons étaient alors réduite à peu de chose. Entre la digue en 2002 sans voitures et la digue en 1966 engorgée de voitures, un juste milieu serait peut-être judicieux ? Cette prise de vue permet aussi de se souvenir de ces chalets spacieux, montés sur pilotis qui étaient installés sur la digue entre la plage et les dunes, et des automobiles de l'époque, Simca 1000, 203 Peugeot, et autre ID Citroën.

 

parution JPP VdN 2002 photo JPP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-de-Vienne en construction

 

L'urbanisation du front de mer aura échoué à plusieurs reprises avant-guerre, veto des militaires puis manque de financement. A la fin des années soixante, un nouveau projet aboutira, celui de la municipalité dirigée par Jacques Vendroux. "C'est pour vous que tout ce travail se fait et que se prépare l'une des plages les plus attractives de France" indiquait un panneau placé à l'entrée de la plage. Cette photo date de mai 1974. La plupart des chalets commerciaux étaient encore épargnés en début de digue mais pas les chalets de la troisième rangée. Ils seront enlevés au fur et à mesure de la construction de Jean-de-Vienne.

 

parution JPP VdN 2006 photo JPP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La digue Gaston-Berthe se transforme

 

Le projet d'urbanisation de la municipalité, alors dirigée par le maire Jacques Vendroux, était entré dans sa phase active. Les immeubles se construisaient entraînant la disparition progressive de la rangée de chalets de la digue. Cette photo, prise en 1974 de l'immeuble Europa, montre la transformation progressive du front de mer. Dès 1966, les bulldozers étaient entrés en action rasant les dunes. Trente petits chalets étaient replacés sur le sable. Certains propriétaires, ceux des gros chalets, avaient bénéficié d'un sursis avant expulsion en attentant l'avancement des immeubles Jean-de-Vienne dont les jardins gagnaient sur les oyats.

 

parution JPP VdN 2004 photo JPP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le chalet de l'OMSL,

dernier chalet sur la digue

 

Au fur et à mesure de l'édification des immeubles face à la digue Gaston-Berthe, les chalets situés étaient dans l'obligation de disparaître. Sur cette photo prise en 1984, seul l'ancien chalet de la police restait en place. Il était devenu depuis 1976, la base des animations sportives organisées par l'OMSL. La construction du "Jacquard", nouvel immeuble, devait avoir raison de cet ultime chalet qui sera démonté en 1988. On peut remarquer que la digue était encore à une seule voie. La digue a deux voies avec des parkings sera construite en 1987. Il existait déjà périodiquement un commerce de location de voitures à pédales.

 

parution JPP VdN 2003 photo JPP